Réseaux d’affaires à Casablanca : où un dirigeant rencontre ses pairs

Illustration de dirigeants casablancais réunis autour d'une table, réseau d'affaires

En bref. À Casablanca, un dirigeant de petite société rencontre ses pairs dans quatre types de cercles : les groupes de recommandation hebdomadaires, les associations patronales et sectorielles, les chambres de commerce bilatérales, et les cordées de quartier. Chacun a son rythme, son coût et son utilité ; le bon choix dépend de ce que vous vendez et du temps que vous pouvez tenir.

Le premier réseau d’un dirigeant casablancais est presque toujours informel : la famille, le quartier, les anciens de l’école, le café où l’on se retrouve. Il fonctionne, et il a ses limites — on y trouve rarement le client, le fournisseur ou le partenaire qu’on ne connaît pas encore. Les réseaux organisés servent à cela. Voici ceux qui comptent à Casablanca, vus depuis un cabinet d’expertise comptable installé dans la ville.

Les groupes de recommandation hebdomadaires

BNI est présent au Maroc, et Casablanca en concentre l’essentiel : une dizaine de groupes qui se réunissent chaque semaine en petit-déjeuner, vers sept heures, dans des espaces de coworking et des hôtels de la ville. Les groupes y sont souvent plus grands qu’à Paris, avec une seule société par catégorie professionnelle, un tableau de bord individuel et des règles de présence strictes. Le bâtiment, l’immobilier, le conseil, l’informatique et l’assurance y sont bien représentés ; le commerce de détail beaucoup moins, l’horaire s’y prêtant mal. Les cotisations ne sont pas publiées nationalement : le montant se demande au directeur du groupe que l’on visite.

Ce format convient au dirigeant qui vend une prestation fréquente, qui peut se libérer chaque semaine tôt le matin, et qui accepte d’être mesuré sur ses recommandations. Il convient moins aux métiers à décision lente et aux commerçants.

Les associations patronales et sectorielles

La CGEM et ses fédérations sectorielles, les associations professionnelles par métier, les clubs de jeunes entrepreneurs : on y va pour représenter son secteur, se tenir informé de la réglementation et rencontrer des confrères — pas d’abord pour trouver des clients. L’apport est institutionnel et sectoriel ; il est réel pour une société qui a passé le stade de la création, et souvent trop lointain pour une TPE de trois personnes.

Les chambres bilatérales

La Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM) et ses homologues d’autres pays réunissent des entreprises qui travaillent entre les deux rives : rencontres, missions, annuaires, formations. Pour une société casablancaise qui vend ou achète en France, ou qui prépare une implantation, c’est un point d’entrée sérieux ; la CFCIM publie son programme d’événements et ses services aux membres. C’est un réseau de relations économiques plus qu’un réseau de recommandation entre dirigeants.

Les cordées de quartier

Une formule plus récente adapte la recommandation structurée au rythme d’un dirigeant qui n’a pas ses semaines : des groupes de trente-cinq sociétés au plus, deux par ligne de spécialité, qui se retrouvent deux fois par mois pendant quatre-vingt-quinze minutes, avec une fiche de recommandation écrite et suivie, un carnet individuel confidentiel plutôt qu’un classement, et une animatrice salariée. Twin Riva, réseau né sur l’axe Paris – Casablanca, en ouvre deux dans la ville — au Belvédère et à Aïn Chock — avec un accès aux groupes parisiens pour les membres casablancais. L’intérêt, pour une société d’ici, est double : des recommandations locales, et un correspondant de confiance de l’autre côté de la Méditerranée.

Comparer avant de s’engager

Type de réseau Ce qu’on y trouve Rythme Pour qui
Groupe de recommandation hebdomadaire Des clients, par recommandation mesurée Chaque semaine, tôt le matin Prestations fréquentes, dirigeant disponible et discipliné
Association patronale ou sectorielle Information, représentation, confrères Événements, commissions Société installée, enjeux de secteur
Chambre bilatérale Relations d’affaires avec un pays Missions, rencontres Société qui exporte, importe ou s’implante
Cordée de quartier Des recommandations suivies, sans quota Deux séances par mois Petites sociétés, y compris commerçants et artisans

Ce qu’il faut avoir en ordre avant d’adhérer

Un réseau vous expose : on vérifie qui vous êtes avant de vous recommander. Une société dont la création est achevée, dont l’ICE, le registre de commerce et l’identifiant fiscal figurent sur les devis, dont la situation vis-à-vis de la CNSS est régulière et dont la fiscalité est à jour, inspire confiance à ses futurs partenaires. Ce sont aussi les informations que les autres membres consulteront, et que les annuaires publics affichent.

Les questions à se poser

  1. Quel est mon cycle de vente ? Une prestation qui se décide vite profite d’un rythme hebdomadaire ; un projet qui se décide en plusieurs mois profite d’un groupe où l’on se connaît longtemps.
  2. Quel temps puis-je tenir sur une année ? Cinq heures par semaine et deux heures par mois ne sont pas le même engagement.
  3. Qu’est-ce que j’apporte ? Tous les réseaux de recommandation reposent sur la réciprocité ; on reçoit à la mesure de ce qu’on donne.
  4. Ai-je besoin de la France ? Si oui, un réseau à deux rives ou une chambre bilatérale vaut mieux qu’un groupe purement local.

Questions fréquentes

Une cotisation de réseau est-elle une charge déductible au Maroc ?

Une cotisation à un organisme professionnel engagée dans l’intérêt de l’exploitation est en principe une charge, à condition d’être justifiée par une facture au nom de la société. Le traitement dépend de la nature de l’organisme et de la pièce ; vérifiez-le avec votre comptable au cas par cas.

Peut-on être dans deux réseaux à la fois ?

Oui, sauf clause contraire : certains groupes de recommandation interdisent l’appartenance à un autre réseau à exclusivité de métier. Les associations, les chambres et les cordées sans exclusivité se cumulent librement.

Un auto-entrepreneur peut-il rejoindre ces réseaux ?

Cela dépend du réseau. Les associations patronales et les chambres accueillent des personnes physiques ; certains groupes de recommandation et les cordées réservent l’adhésion aux sociétés.

Où se réunissent les groupes à Casablanca ?

Principalement dans les espaces de coworking et les hôtels de l’ouest de la ville pour les groupes hebdomadaires, et dans le quartier même de leurs membres pour les cordées. Le lieu compte : un réseau qu’on rejoint en dix minutes se tient, un réseau à quarante minutes de trajet s’abandonne.

En résumé

Choisissez un réseau pour ce qu’il fait — recommander, représenter, relier, accompagner —, visitez-le deux fois avant d’adhérer, et mettez votre société en ordre avant d’y entrer : c’est elle que les autres recommanderont. Le cabinet accompagne ses clients dans cette mise en ordre, et sait lire, au bilan suivant, ce qu’un réseau leur a réellement apporté.