En bref. Le droit à congé annuel payé s’ouvre après une période de travail effectif et progresse avec l’ancienneté. Les jours fériés, le repos hebdomadaire et les congés spéciaux obéissent à des règles distinctes.
C’est l’un des sujets les plus fréquemment mal appliqués, non par mauvaise volonté mais parce que trois régimes se superposent : le code du travail, la convention collective éventuelle et les usages de l’entreprise.
L’acquisition du congé annuel
- Le droit s’ouvre après une période de travail effectif continu ou discontinu chez le même employeur.
- La durée s’exprime en jours de travail effectif par mois de service.
- Elle est majorée pour les salariés de moins d’un certain âge.
- Elle est augmentée par tranche d’ancienneté, dans une limite maximale.
Le point 4 est le plus souvent omis : la majoration pour ancienneté est automatique et cumulative. Un salarié présent depuis longtemps a droit à davantage de jours, sans qu’aucune démarche soit nécessaire de sa part.
La prise du congé
| Règle | Contenu |
|---|---|
| Ordre des départs | Fixé par l’employeur après consultation, en tenant compte de la situation familiale et de l’ancienneté |
| Délai de prévenance | Le salarié doit être informé suffisamment à l’avance |
| Fractionnement | Possible, avec une fraction continue minimale |
| Report | Admis dans les conditions prévues, avec une durée maximale de cumul |
| Indemnité compensatrice | Due en cas de rupture avant la prise du congé |
La dernière ligne est celle qui apparaît au moment du solde de tout compte : les jours acquis non pris donnent lieu à une indemnité, qui doit figurer distinctement.
L’indemnité de congé
- Elle correspond à la rémunération que le salarié aurait perçue s’il avait travaillé.
- Elle intègre les éléments habituels de la rémunération, primes de rendement comprises selon leur nature.
- Elle exclut les remboursements de frais, qui ne sont pas un salaire.
- Elle est soumise aux cotisations et figure sur le bulletin de paie.
La deuxième ligne est source de contentieux : les primes variables régulières entrent en principe dans la base, ce qui est fréquemment omis dans les calculs.
Les jours fériés
- Une liste de jours fériés chômés et payés est fixée par la réglementation, incluant fêtes nationales et religieuses.
- Le travail un jour férié ouvre droit à une majoration, selon les règles applicables.
- Certaines fêtes religieuses sont fixées selon le calendrier lunaire, ce qui impose une planification annuelle.
- Une autorisation peut être requise pour faire travailler pendant certains jours.
Le point 3 a une conséquence pratique concrète : le calendrier de production et les plannings doivent être ajustés chaque année, les dates variant.
Le repos hebdomadaire
- Un repos hebdomadaire d’une durée minimale doit être accordé.
- Il est en principe accordé le même jour à l’ensemble du personnel.
- Des dérogations existent pour les activités qui ne peuvent être interrompues, avec repos par roulement.
- Le travail pendant le repos ouvre droit à un repos compensateur.
Ces règles se combinent avec celles de la durée du travail, exposées dans notre guide sur la durée du travail et les heures supplémentaires.
Les congés spéciaux
| Motif | Nature |
|---|---|
| Naissance | Congé de courte durée accordé au père |
| Mariage du salarié ou d’un enfant | Absence autorisée, durée variable selon le lien |
| Décès d’un proche | Absence autorisée, durée selon le lien de parenté |
| Circoncision, opération chirurgicale d’un proche | Absence autorisée |
| Maternité | Congé légal avec indemnisation par le régime social |
Ces absences ne s’imputent pas sur le congé annuel. Les modalités d’indemnisation du congé de maternité relèvent du régime social, décrit dans notre guide sur la CNSS au Maroc.
Ce que l’employeur doit tenir
- Un registre ou état des congés, mentionnant les droits acquis et pris par salarié.
- Le planning des départs, communiqué dans les délais.
- Les justificatifs des absences autorisées.
- Le suivi du solde de congés, notamment pour le calcul de l’indemnité en cas de rupture.
Le point 4 conditionne la sécurité du solde de tout compte : sans état des congés à jour, le montant dû au salarié devient contestable, et la charge de la preuve pèse sur l’employeur.
Les points de contrôle
- La majoration pour ancienneté est-elle appliquée à tous les salariés concernés ?
- La base de l’indemnité intègre-t-elle les primes régulières ?
- Les reports respectent-ils la durée maximale de cumul ?
- Les jours fériés travaillés ont-ils donné lieu à majoration ?
Ces vérifications relèvent des obligations générales de l’employeur, développées dans notre guide sur le fait d’embaucher un salarié au Maroc. Les normes internationales du travail auxquelles se réfère la législation sont publiées par l’Organisation internationale du Travail.
Le régime français d’acquisition et d’indemnisation diffère sensiblement : acquisition, prise et indemnité.
Le congé de maternité s’inscrit dans un suivi précis : le calendrier des analyses de grossesse.
Questions fréquentes
Les congés non pris sont-ils perdus ?
Le report est admis dans les conditions prévues, avec une durée maximale de cumul. En cas de rupture, les jours acquis non pris donnent lieu à une indemnité compensatrice.
L’employeur peut-il imposer les dates ?
Il fixe l’ordre des départs après consultation, en tenant compte notamment de la situation familiale et de l’ancienneté, et en respectant un délai de prévenance.
Un jour férié pendant un congé prolonge-t-il celui-ci ?
Les jours fériés chômés compris dans la période de congé ne sont pas décomptés comme jours de congé, ce qui prolonge d’autant l’absence.
Les primes entrent-elles dans l’indemnité ?
Les éléments habituels de la rémunération, dont les primes présentant un caractère régulier, entrent dans la base. Les remboursements de frais en sont exclus.
Conclusion
Trois points suffisent à sécuriser la gestion des congés : appliquer la majoration pour ancienneté, intégrer les primes régulières dans l’indemnité, et tenir un état des droits à jour. Ce dernier est ce qui protège l’employeur au moment du solde de tout compte.

